Les technologies dans la téléassistance – arbitrage nécessaire entre autonomie, mobilité et données

24 Avr 2015

La téléassistance classique se base sur des technologies âgées montrant leurs limites en termes de mobilité et de communication.

Aujourd’hui, la très grande majorité des systèmes de téléassistance couple un bracelet (ou collier) émetteur et une borne haut-parleur qui fait la liaison avec le plateau de téléassistance. Cette technologie, déjà en place il y a 30 ans, utilise des échanges radios courte portée entre le module embarqué et la borne. La communication depuis le bracelet se limite à un signal d’alerte, son autonomie est de l’ordre de plusieurs années. Par contre, il est impossible de parler à travers celui-ci. La borne, elle, communique avec le plateau de téléassistance à travers la ligne téléphonique rendant obligatoire une ligne filaire en fonctionnement.

Ce système a trois limites :

  • Il ne s’adapte pas à la tendance actuelle du marché de remplacer la téléphonie fixe par une téléphonie mobile ou passant par une box
  • Il ne permet pas une communication orale entre le standard et la personne âgée en dehors de la pièce où se situe la borne
  • Il ne fonctionne qu’à 30 m de la borne (100 m sans obstacle), devenant inutile en dehors du foyer. Ce manque d’assurance à l’extérieur se traduit concrètement par une peur pour certaines personnes âgées de sortir seules.

 

Les réseaux GSM/GPRS ont amené la mobilité au détriment de l’autonomie, pouvant générer un véritable danger pour la personne âgée

La miniaturisation de l’électronique a permis d’intégrer les réseaux mobiles dans des objets dédiés comme des bracelets. Ces nouvelles solutions semblent tout à fait pertinentes pour résoudre les limites de mobilité des systèmes historiques. En contrepartie, la consommation induite par cette technologie force l’usager à recharger son appareil tous les 2-3 jours.

Ainsi, le retour d’expérience des utilisateurs actuels montre que :

  • Certaines personnes oublient consciemment ou inconsciemment de porter leur appareil
  • Un nombre important de chutes se produisent pendant la nuit, moment où la recharge est généralement réalisée.

Cette contrainte semble rédhibitoire pour un système d’alerte où, au lieu d’être porté en permanence, la technologie force à enlever le bracelet très régulièrement.

L’autre solution qui se développe autour du GSM/GPRS consiste en une adaptation de téléphones mobiles aux personnes âgées (plus grande police d’écriture, moins de boutons…). Cette solution soulève la difficulté d’accès à l’appareil (au fond de la poche, dans le sac à main) pour signaler une alerte, surtout considérant que 4/5 des personnes équipées de systèmes traditionnel n’alertent déjà pas lors d’une chute.

 

Les réseaux dédiés aux objets connectés sacrifient le volume de données échangés pour proposer un service adéquat aux besoins des seniors

Les réseaux basses fréquences comme Sigfox ou LoRa combinent les avantages des réseaux GSM par la portée d’émission qu’ils permettent et ceux des échanges radio courte portée par la consommation d’énergie qu’ils induisent (entre 20 et 40 fois moins que le GSM). Cette faible consommation est rendue possible par la limitation du volume des données échangées à quelques kB.

Ainsi, avec une solution qui s’appuie sur des réseaux basses fréquences, il est impossible de discuter ou de montrer des images en direct. Par contre, on peut envoyer des messages simples comme la position ou le type de danger identifié.

Pour la téléassistance, cela se traduit par de nouvelles opportunités. Il est maintenant possible de réaliser des bracelets indépendants d’une borne, fonctionnant tant en intérieur qu’en extérieur, que l’utilisateur n’a jamais besoin d’enlever.

 

Sources : Blog disk91.com IoT, M2M, quick panorama on main technologies ; Europ Assistance ; Afrata ; 60 millions de consommateurs ; Musée de la téléphonie