Faire face à la déambulation des malades d’Alzheimer – des solutions aujourd’hui inadaptées

1 Juin 2015

La déambulation est un des symptômes les plus anxiogènes de la maladie d’Alzheimer (voir notre article à ce sujet). Elle concernerait 21% des personnes en établissement d’après la CNSA*. Elle peut se produire à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit et expose la personne au risque de se perdre.

Parmi les facteurs la favorisant, on retrouve la non prise en compte des besoins de base tels que la faim, la soif ou l’envie d’uriner mais aussi l’intolérance des aidants et des familles. Ainsi, contrarier le besoin de déambulation ne sert à rien et provoque d’autres réactions, souvent plus graves comme des hurlements ou de l’agitation. De plus, la déambulation a de nombreux bénéfices pour le malade parce qu’elle contribue à préserver ses capacités motrices et provoque un sentiment de plaisir. Par conséquent, respecter le rythme du malade est essentiel à son bien être.

Ce respect comprend des risques. Pour le malade d’une part : blessure, déshydratation, grande fatigue, hypothermie… Et pour son environnement d’autre part : intrusion dans le cadre d’un établissement, intolérance et épuisement des proches…Dans les établissements, il est fortement déconseillé d’empêcher une personne de déambuler. Le personnel soignant doit pouvoir lui proposer de sortir se promener en dehors de l’établissement tout en veillant sur les chutes.

 

Malheureusement aujourd’hui, les diverses solutions du marché sont à la fois chères et peu adaptées.

Le marché est probablement considéré comme une niche par les grands acteurs de la téléassistance car aucun de ses leaders n’a développé de solutions dédiées. Les seules solutions disponibles pour les personnes sujettes à déambulation (ceinture GPS, téléphone adapté, système de capteur intra-muros…) sont onéreuses ; la moyenne du marché est de 750 € la première année, souvent avec 2 ans d’engagement, alors qu’elle est de 360 € dans la téléassistance.

De plus, aucune solution du marché ne s’adapte aux spécificités de la maladie. Certaines limitent la zone de déambulation à l’intérieur du bâtiment, allant à l’encontre des principes précédemment évoqués. D’autres peuvent fonctionner en extérieur mais avec une autonomie de quelques jours uniquement, obligeant la personne malade à enlever régulièrement son équipement pour ensuite penser à s’en rééquiper, ce qui semble là encore en opposition avec sa maladie.

Pourtant la détection de la déambulation en extérieur est maintenant rendue possible par les avancées scientifiques qui permettent un taux de détection supérieur à 90 % et des niveaux de fausses alertes inférieurs à 5%.

Ces algorithmes de détection sont pour la plupart basés sur de la reconnaissance d’activités, couplés à de l’auto-apprentissage par tranche horaire pour s’adapter au comportement du patient et à son rythme de vie. Les algorithmes les plus fins, en comparant l’activité en cours à des habitudes déjà enregistrées sont capables de détecter une déambulation en quasi temps réel.

Reste aux industriels à se saisir de ces avancées pour les mettre aux services des patients.

Sources : entreaidants.fr,* Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie, Nanyang Technological University, CNRS