Silver Mag : Interview spécial financement de Pierre-Yves Champagne

6 Sep 2016

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Pierre-Yves, peux-tu nous rappeler rapidement ce que fait Co-assist ?

Co-assist développe une montre connectée. Cette montre permet de signaler une alerte avec un bouton et de détecter automatiquement les chutes. Munie d’un GPS, elle permet également de détecter des personnes désorientées lorsque ces dernières s’écartent de chez elles ou se perdent. L’élément innovant, c’est l’alerte qui peut être déclenchée au domicile et au dehors sans avoir besoin de recharger la batterie pendant plusieurs mois. Pour cela, Co-assist s’appuie sur une technologie de communication entre objets Sigfox qui ne nécessite aucune installation.

Comment as-tu financé votre développement jusqu’ici ?

La société a été créée en mars 2015 et nous visons une commercialisation en fin d’année. Nous avons des coûts élevés de développement software (principalement algorithmes dans la montre et serveur de traitement automatisé des alertes) et hardware (R&D et industrialisation). Heureusement, nous avons reçu de nombreux soutiens. D’abord, nous avons remporté des prix de sociétés privées (BNP Paribas, Fondation de la Mutuelle Générale), puis nous avons remporté des soutiens publics (Bourse French Tech, Concours Mondial d’Innovation, Scientipôle, Aide à l’Innovation Responsable) et enfin, nous avons levé des fonds auprès de nos proches.

Comment expliques-tu ces derniers succès ?

Pour moi, il y a deux principaux facteurs de succès. Le premier est inhérent au projet, c’est l’innovation. Qu’elle soit de service ou technologique, il faut absolument que le projet soit très innovant et que cette innovation apporte un vrai bouleversement pour l’utilisateur. Dans notre cas, l’usage de Sigfox et la grande autonomie énergétique qu’il engendre lève le principal frein de l’usage de la téléassistance mobile. Le second est le soin apporté au dossier qui est très fortement corrélé au temps passé à répondre. En effet, pour remporter un prix entrepreneurial, il faut vraiment comprendre l’esprit du prix, ce qui est attendu et pouvoir proposer une offre qui remplit totalement le cahier des charges. Mieux vaut donc répondre à peu de prix que tant bien que mal, à de très nombreux.

Justement, comment fais-tu pour choisir les appels à projets auxquels répondre ?

Quand j’ai connaissance d’un appel à projets (principalement via Twitter), j’évalue le « gain potentiel » c’est-à-dire la probabilité de gain multiplié par la récompense diminué du coût de réponse à l’appel à projets. La probabilité de gain est le facteur le plus important, il dépend à la fois de notre pertinence (est-ce que notre projet colle avec le thème ?) et de la compétition. Par exemple dans notre cas, nous avons remporté un appel à projets de la Fondation de la Mutuelle Générale sur les Nouvelles Technologies pour les personnes souffrant de maladies neuro-dégénératives. Sur cet appel à projets, Co-assist s’incluait parfaitement dans le thème. Le coût de l’appel à projet lui, est généralement limité au temps qu’il va me falloir pour y répondre mais attention, parfois des coûts de participation sont à ajouter. Je regarde donc le d’éléments à remplir, est-ce qu’il va me falloir rédiger des nouveaux écrits ou est-ce que je vais pouvoir réutiliser des textes existants ?

Outre les prix, tu disais avoir fait une levée auprès de tes proches. Comment t’y es-tu pris ?

Oui nous avons réussi à lever plus de 160k€ ! Pour faire cette levée, j’ai commencé par préparer une documentation d’une cinquantaine de pages pour présenter Co-assist. Dans ce document, j’expliquais le projet remis dans son contexte de marché, ses perspectives, et pourquoi investir dans notre société. Dans notre cas, il était important de faire comprendre que des solutions de téléassistance traditionnelle existent depuis les années 80 et que Co-assist était une des solutions à résoudre les limites de la stigmatisation, manuelles et la barrière du confinement à domicile. J’ai tâché d’être le plus objectif possible tant concernant le projet que la valorisation de la société. La preuve en était que j’ai moi-même souscrit à cette augmentation de capital. Après, il faut activer tous ses réseaux (professionnels, anciens d’école, amis, famille), prendre le temps de raconter son projet et de convaincre et ne pas hésiter à relancer en étant convaincu qu’ils vont faire un bon investissement.

Quelles sont les prochaines étapes de financement pour vous ?

Nous commençons à aller voir les fonds d’investissement pour pouvoir lever plusieurs millions d’euros d’ici la fin de l’année. Ces fonds serviront à financer le maintien de notre avance technologique ainsi que notre important besoin en fonds de roulement lié à notre modèle de location.